LETTRE DE BALTHAZAR (28)

de Puerto Williams (Chili) à Port Stanley (Malouines)

du Dimanche 30 Janvier au Vendredi 4 Février 2011

Arrivés Vendredi 28 Janvier au petit matin à Puerto Williams en provenance du Cap Horn nous accostons au Micalvi parmi plusieurs bateaux rencontrés en Antarctique, notamment ADA2 et TARKA. Après un solide petit déjeuner et un complément de sommeil nous faisons la connaissance d’un jeune et très sympathique couple, Pierre et Laurence, voyageant avec des moyens spartiates sur un robuste voilier en aluminium de 15m auquel nous sommes à couple: poêle à bois, navigation au sextant, un GPS pour la sécurité, équipements minimaux (pas de météo, pas de radar, pas de groupe, pas de pilote automatique, à chacun la barre toutes les deux heures…..). C’est un choix que je comprends. Ils compensent largement cela par l’expérience, le sens marin et pour Pierre par le métier. Il a fait pendant plusieurs années la grande pêche en Afrique de l’Est, notamment au large du Kenya et commande des motoryachts de luxe sur la côte d’azur pour remplir périodiquement la caisse du bord. C’est Laurence, qui en avait assez de la vie inintéressante dans sa grosse étude d’huissiers de la Côte d’Azur, qui lui a appris la voile et l’a entraîné dans cette vie vagabonde dès que son fils eut récemment atteint l’autonomie. Ils nous racontent en particulier leur navigation pleine de charme et d’humanité en remontant le fleuve Casamance, accueillis merveilleusement bien par les enfants et habitants des pauvres villages de la Gambie. Il est passionné de pêche et nous raconte ses prises de grosses truites arc en ciel ici, dans les torrents de l’île Navarino.

Soirée de grande affluence au Micalvi où s’approfondissent, les piscos aidant, la connaissance des personnes rencontrées. Anne-Marie nous raconte sa vie d’enseignante et de chercheuse en physique des plasmas, l’un des équipiers du charter Tarka , moniteur de plongée et de saut commandé en parachute de son métier, nous raconte les performances incroyables que l’on fait maintenant dans les airs : avec des vêtements ayant une certaine portance l’un par exemple est arrivé à sauter de l’avion qui l’emmenait dans les airs, à voler en formation avec celui-ci après s’être séparés puis rejoints, puis à parvenir à rentrer dans la carlingue ! J’irai voir, comme sûrement certains d’entre vous, le film de cet exploit (rechercher sur You Tube : loic jean-albert wingsuit & paraglide). Un américain passionné étudie et fait réaliser un terrain spécial en montagne (il faut pouvoir dégager et tirer son parachute dans la pente si l’atterrissage se présente mal) sur lequel il compte atterrir avec ces seuls habits, mais ça ira vite, comme un motard filant comme un galet sur l’asphalte après avoir perdu le contrôle de sa moto !!! Il faut vraiment de tout pour faire un monde et la naissance de l’homme oiseau n’est plus très loin, un peu casse cou quand même, d’accord.

Samedi 29 Janvier. Journée de courses, embarquement de vins chiliens, récupération du spi et du gennaker laissés chez Luis qui nous les transportent dans son vieux combi déglingué, plein d’eau, lessives, écritures. Nous appareillerons demain Dimanche après avoir fait les papiers de sortie du Chili mais pas le plein de gasoil car nous apprenons trop tard que la station ne livre pas le Dimanche. On fera avec les quelques 600L qui nous reste de l’Antarctique pour rejoindre la Plata, à quelque 1300 milles. Heureusement que Balthazar a une grosse autonomie.

Nous avons retrouvé de vraies nuits, courtes mais bien noires quand le ciel est couvert. Balthazar court sous voiles vent arrière, poussé, expulsé même du Beagle, par un puissant courant de 3 nœuds cap à l’Est. Levés à minuit ce Lundi 31 Janvier pour aller embouquer au début du flot le détroit de LeMaire qui se trouve 70 milles plus loin, nous avions levé l’ancre de la caleta Brunner où régnait un noir et un silence épais. Seul le radar nous avait permis de remettre Balthazar dans la bonne direction et à la bonne distance des rives et îlots rapprochés. De temps à autres un coup de puissant projecteur permettait d’infléchir et corriger légèrement le cap ou d’éviter les bancs de kelp, les yeux rivés sur le sondeur et à petite vitesse, pour retrouver la sortie de ce très joli abri boisé et champêtre du Nord de l’île Picton (il est protégé des vents d’Ouest pouvant galoper très fort dans le Beagle par la petite île Gardiner qui s’y emboîte) que nous avions gagné la veille depuis Puerto Williams.

Dans cette profonde obscurité des torpilles lumineuses nous foncent dessus puis nous manquent en longeant le bord, sautent et jouent autour de nous dans des explosions de lumière phosphorescente : les dauphins ne se lassent pas, même au cœur de la nuit, de venir distraire les marins de leurs rêves.

Comment se fait-il que ce puissant courant proche de 3 nœuds se maintienne imperturbablement alors que, sortis du Beagle nous nous retrouvons maintenant en mer, longeant la côte Sud Est de la Terre de Feu en direction du fameux détroit ?

Nous avons maintenant parcourus une cinquantaine de milles depuis la sortie du Beagle et allons approcher de l’entrée Sud du détroit. Le vent de WNW a fraîchi force 7. A plus de 8 nœuds de moyenne nous avons beaucoup de mal à ne pas être en avance sur l’étale et le début du flot malgré les réductions successives de voilure. Il est rare en mer de chercher à freiner sa vitesse mais ici il ne s’agit pas, comme dans le Raz Blanchard en Manche, de se retrouver dans un chaudron et une mer tumultueuse levée par un vent de force 7 la prenant à rebrousse poil contre la force du jusant. Notre guide nautique nous indique que le bateau, même de grosse taille, qui se ferait surprendre par une telle mer y rencontrerait des murs d’eau pouvant atteindre 10 mètres de hauteur, des déferlantes, des marmites et tourbillons le faisant tournoyer et serait très gravement mis en danger. Ce petit matin bien venteux et la lune à son dernier quartier générant des courants de vives eaux de l’ordre de 5 à 6 nœuds à certains endroits du détroit offrent les conditions idéales pour organiser ce ballet infernal.

Nous doublons le Cabo Buen Suceso et pénétrons dans le détroit sous voilure réduite. Les vagues commencent à déferler dans une mer formée. Mais pourquoi donc ce bon Dieu de courant de trois noeuds continue à nous pousser aux fesses alors que nous devrions être proche de l’étale de basse mer et de la fin du jusant, donc avec un courant contraire modeste ? Bientôt il sera trop tard pour faire demi tour car nous serons incapables de remonter contre un puissant courant et contre un vent qui s’est maintenant bien établi à force 7. C’est alors que le soliloque du navigateur s’accélère (voir dans la lettre de Fernando de Noronha, lettre de Balthazar 15, un autre exemple de ce soliloque). Me serais-je trompé ? Aurais-je inversé les heures de flot et de jusant ? Reprenons calmement notre analyse. La sous-couche d’information de la carte électronique me donne les horaires des marées dans la baie de Buen Suceso, au Sud du détroit, et dans la baie Thétis où nous essuyâmes l’ouragan au Nord du détroit le mois dernier. Je vérifie une fois de plus que les heures locales de référence sont à TU-2 et non pas à TU-3 comme nous le sommes actuellement en été ; il faut donc bien retrancher une heure aux heures indiquées. Je vérifie que l’étale de basse mer à la baie Thétis au Nord est un peu plus d’une heure après celle de Buen Suceso. L’onde marée est donc bien descendante du Nord au Sud pendant le jusant et montante du Sud au Nord pendant le flot. Cela est cohérent avec les maigres indications de notre guide nautique qui mentionne laconiquement que le flot va vers le Nord. Malheureusement la carte électronique ne nous donne des indications de courant qu’assez loin au Nord et au Sud du détroit mais pas d’information dans le détroit lui-même (effectivement mettre une bouée de mesure de courant par 100m de fond dans ce chaudron au milieu du détroit ne doit pas être simple). Vérifions quand même ces indications : oui la rotation des courants respectifs se fait bien au voisinage de l’heure de l’étale calculée et confirment que le flot va vers le Nord et le jusant va vers le Sud. Tout cela est cohérent.

Et pourtant la réalité est là : le courant, fort, est contraire à ce qu’il devrait être. Mais où se cache donc l’erreur ? Ces marées à deux bosses (deux pleines mers successives à environ 13 heures d’intervalle, un peu plus que chez nous, la seconde plus petite que la première n’est pas retenue comme pleine mer par la carte) cachent elles des surprises ? Y a-t-il un contre courant puissant le long de la côte ? Il est trop tard pour faire demi tour et il faut faire confiance aux validations que j’ai faites. Allons y.

Effectivement le contre courant faiblit, trop lentement à mon goût (c’est bien un des rares cas où le navigateur souhaite trouver un courant contraire et non pas un courant favorable !), mais il faiblit progressivement. 12h44 par 54°44’S et 64°43’W, A plus de 3 milles du cap Buen Suceso, alors que nous sommes maintenant bien engagé dans le détroit les choses rentrent enfin dans l’ordre et BALTHAZAR peut ruer puis se cabrer à l’aise dans les petites déferlantes qui le cueillent par l’arrière, mais la mer est bien régulière et conforme au vent. Nous passons bien à l’étale de basse mer puis au début du flot vent et courant dans le même sens. Ouf ! Par force 7 et vives eaux il valait mieux pour nous qu’il n’y ait pas un loup caché quelque part ! Grandeur et solitude du navigateur ! Ayez une pensée pour les navigateurs embarqués sur les steamers et autres paquebots, à l’époque où n’existaient ni GPS ni LORAN ni DECCA, vaguement un radiogoniomètre peu précis, et qui devaient à la fin de leur traversée océanique embouquer en sécurité la Manche sans se fracasser sur les roches des Scilly, écueils s’étendant sur près de 16 milles en plein au milieu de l’entrée, ceci par tous les temps, y compris de brouillard, de jour comme de nuit. Dans la semi obscurité de sa cabine son soliloque était intense. Il revoyait plusieurs fois depuis le dernier point astronomique avant que le ciel ne se couvre, la somme des caps, des courants, des dérives, des distances parcourues déduites de son loch et de son chronomètre, intervenus depuis quelques jours qui lui permettaient, après correction des erreurs des instruments données par les courbes d’étalonnage et correction de déviation et de déclinaison, somme ou plutôt intégrale lui permettant de poser sans que la main ne tremble la pointe de son crayon affûté sur un point pâle de la carte en déclarant d’une voix ferme au capitaine nerveux : nous sommes là. Plus d’un navigateur avait la chemise mouillée, alors que le bal battait le plein en smoking et robes longues au pont supérieur, pendant qu’il faisait son calcul d’erreurs lui permettant d’encadrer la réalité et de tracer autour du point un cercle d’erreur dans lequel le navire devait forcément se trouver. Mais le diamètre du cercle grossissait au fur et à mesure que l’estime vieillissait et parfois le cercle englobait des dangers. Notre navigateur ne pouvait pas ne pas penser par exemple en embouquant la Manche à l’escadre anglaise qui était venue se fracasser sur les Scilly en formation serrée impeccable derrière le navire amiral au début du siècle dernier ! Et pourtant la formation de navigateur à bord du navire amiral des vaisseaux de sa Majesté était une affaire sérieuse.

Bénéficiant maintenant du courant de flot prévu et poussés par le grand frais nous remontons rapidement le détroit de LeMaire, laissant la Terre de Feu à notre bâbord et distinguant de manière de plus en plus précise les hautes montagnes de l’île des Etats à tribord. Après avoir passé la Bahia Flinders nous virons le Cabo San Antonio et pénétrons avec plaisir dans les eaux abritées de la baie éponyme sur la côte Nord de l’île. Nous distinguons au fond de celle-ci un îlot blanchâtre, l’îlot de Monte Grosso, barrant l’entrée d’une baie que l’on devine, en ne laissant dans la côte rocheuse que deux passages étroits de part et d’autre de celui-ci. Après avoir embouqué le passage Ouest nous découvrons une baie arrondie et fermée, bordée de forêts et de montagnes élevées. A 15h l’ancre plonge dans le seul endroit où les fonds remontent suffisamment, devant une plage de galets. Site sauvage et superbe. Pendant le déjeuner bien gagné nous surveillons le mouvement du bateau car nous entendons l’ancre raguer sur des fonds rocheux (à 20m) probablement lisses. Mais l’arrêt n’est que provisoire ; nous attendons en fait l’étale de haute mer pour franchir une très étroite échancrure que l’on devine au fond de cette baie et qui commande à son tour l’entrée dans un lac de montagne, Puerto Hoppner. Il n’y a bien entendu aucun habitant ni aucun artefact ni aucun sentier ou traces d’aucune sorte dans ce lieu sauvage et resté intact comme au début de l’humanité.

C’est l’heure de déraper. Nous découvrons au dernier moment le passage d’une cinquantaine de mètres. Dérive presque complètement relevée il faut passer entre un gros rocher qui barre en plein milieu l’étroit passage et l’avancée rocheuse qui borde ce goulet à tribord en se prolongeant sous l’eau. J’ai l’impression que c’est très juste pour Balthazar qui n’est quand même pas, avec ses 5m de largeur et ses 25 tonnes, un kayak ! Je vérifie rapidement à la jumelle et pendant l’approche qu’avec l’étale estimée le courant est faible (il atteint 5 nœuds quand le lac se vide dans la baie à marée basse), cale ma vitesse à 3,5 nœuds, pas trop vite pour ne pas faire une grosse bosse si je cogne, pas trop lentement pour garder la barre efficace, il faut y aller ; c’est passé bien au centre au prix d’une petite baïonnette, à peu près un mètre de chaque côté. Nous pénétrons effectivement au cœur des montagnes élevées de l’île des Etats dans un lac de montagne entouré de forêts et de parois rocheuses. L’eau est un miroir, même si nous voyons haut dans le ciel continuer à courir les nuages. La rumeur de la mer s’est tue, la mer elle-même a disparu loin derrière nous. Des canards s’envolent. Tout doucement nous nous dirigeons vers un endroit propice au mouillage entre des îlots. Nous découvrons à la dernière minute un petit voilier autrichien blotti derrière un îlot couvert de végétation. L’ancre plonge, le voilier s’immobilise dans la douceur du soir dans ce cadre exceptionnel. Magie de la voile en croisière.

A gonfler l’annexe et porter les longues aussières à terre car nous n’avons pas la place d’éviter. Hubert et Maurice ont du mal, en abordant les pentes du rivage, à pénétrer le fouillis des arbres et taillis serrés sur un sol couvert d’un humus très épais et spongieux, bien que sec actuellement, dans lequel ils enfoncent leurs bottes.

Mardi 1er Février. Grasse matinée et jour de repos dans ce nid. Le capitaine se met en cuisine et confectionne un robuste couscous avec les moyens du bord : semoule de couscous, raisin sec, copieux travers de mouton décongelé la veille et cuit au four, pois chiches, carottes, Harissa le tout arrosé d’un excellent vin rouge chilien. Il ne manque que les navets et quelques autres légumes. L’équipage en forme et repu poursuit par des fruits en boîte, café pour les uns, pousse café pour tout le monde. Nous avons malheureusement épuisé l’excellent genièvre Houle cher à nos amis du Nord, mais le cognac VSOP amené par Hubert tient la route, plutôt la mer. A la sieste !

Mercredi 3 février. 54°11’S 63°24’W. Ciel bleu, mer peu agitée, BALTHAZAR file depuis plusieurs heures au bon plein à plus de 9 nœuds dans une jolie brise de NW, poussé par le courant favorable des Falklands, cap au NE. Hier en effet en regardant les cartes je me suis rendu compte que les Malouines ne faisait pas faire un détour très significatif, compte tenu de la forte courbure de la côte argentine, pour remonter sur l’estuaire de la Plata. Cela nous changera de la remontée de la côte et fera une escale agréable. La météo annoncée est favorable, allons y ! En bateau, transportant tout son fourniment avec soi et avec une bonne autonomie on peut mettre le cap selon l’humeur du moment. Liberté de la voile en croisière.

Nos amis d’UHAMBO, Alain et Anne Saniez qui nous ont précédé à Puerto Hoppner y sont déjà pour y séjourner quelque temps avant de poursuivre leur exploration des canaux de Patagonie. Nous les retrouverons après demain à Port Stanley. N’ayant pas de documents nautiques de cette escale imprévue, sauf la carte, ils me communiquent gentiment par Internet et satellite les informations utiles pour l’atterrissage ainsi que les formalités d’entrée dans ce confetti britannique. Il faut en effet s’annoncer par Internet au moins 36 heures avant l’arrivée dans l’archipel des FALKLANDS, au pays de sa Majesté dont l’Argentine conteste violemment la souveraineté armes à la main. Souvenons nous de l’invasion sans préavis et brutale de ces îles (et de la Géorgie du Sud) par le gouvernement militaire argentin de l’époque en Avril 1982. Dès le lendemain la Dame de Fer traitaient «ces gens là » de pirates et allait les faire déloger après la mise en place rapide d’une lourde logistique (le Queen Elizabeth 2 avait même été réquisitionné) pour soutenir cette guerre anachronique à quelques 7000 milles de distance, et quelques semaines de combats meurtriers. Elle n’apprécia pas du tout quand même qu’un missile air/mer français EXOCET, tiré d’un chasseur français (Super Etendard je crois), le tout vendu précédemment aux argentins, eut coulé un gros bateau de guerre de la Royal Navy en tuant près d’un milliers de marins et soldats. Il y eut un froid franco-britannique.

Mais c’est oublier que ces Malouines furent baptisées ainsi par les chasseurs de phoques malouins qui y relâchaient au XVIIième siècle. Elles restèrent françaises environ un siècle. Un ancêtre de notre ami Meudonnais le Dr Graveleau partit à Séville pour y préparer sous l’autorité de Bougainville un voyage aux îles malouines destiné à y passer les pouvoirs aux espagnols à la suite de leur cession par la France en 1766 aux Bourbons d’Espagne contre une somme d’argent (le roi devait être désargenté !). Les Espagnols hispanisèrent alors le nom des Malouines sous la désignation de Malvinas. C’est toujours comme cela que les désignent aujourd’hui les argentins qui déclarent fièrement sur un monument aux morts de Buenos Aires : Malvinas ! Volveremos !

Jeudi 3 Février 6h du matin par 53°10’S et 61°01’W. Je relève Maurice de son quart. BALTHAZAR avance à 7 nœuds au petit largue dans un vent faible (NW 12 nœuds) et une mer calme pendant que j’écris ces lignes. Nous sommes en plein brouillard, nos yeux (le radar) et nos oreilles (l’Activ Echo qui non seulement renforce sur l’écran radar d’un navire éventuel notre image mais qui nous signale également qu’un radar l’illumine, ainsi que l’AIS) sont aux aguets : pas un seul bateau rencontré depuis notre départ de l’île des Etats mais, c’est bien connu, c’est là où il n’y a personne que certaines collisions se produisent car l’attention s’y relâche. Nous ne sommes plus qu’à 80 milles de notre point d’entrée dans l’archipel. Il nous restera alors 70 milles pour remonter les côtes jusqu’à la profonde échancrure de Port Stanley. Arrivée prévue demain 4 Février en début de matinée.

Petit vent portant toute la journée. A 18h20 nous entrons par le Sud dans cet archipel par 52°24’ S et 59°15’ W. Nous y trouvons un temps gris, froid et le crachin : pas de doute nous approchons de côtes britanniques !

A 6h30 locales vendredi matin 4 février nous embouquons en compagnie d’un gros bateau de croisière la passe profonde de Port Williams qui commande à son tour l’entrée étroite dans le plan d’eau très protégé de Port Stanley.

A l’heure du petit déjeuner l’ancre plonge devant ce gros bourg bien british (bow windows, cabines téléphoniques rouges, landrovers omniprésentes...), chef lieu de l'archipel des Falklands ou réside le gouverneur de sa Majesté.

aux équipier(e)s, parents et ami(e)s qui ont la gentillesse de s’intéresser à nos aventures marines.

équipage de Balthazar: Jean-Pierre d’Allest, Maurice Lambelin, Claude Laurendeau, Hubert Boissier